Les heures fuyaient.
Il n'en comptait plus le nombre passées seul sur ce rocher à fixer l'horizon et le soleil qui s'inclinait au fur et à mesure qu'elles expiraient. Assis. Immobile. Imperturbable. Il ne se sentait vivant que dans ces seuls moments. Il aimait retrouver cet endroit par tous temps. Lorsque le ciel était couvert, il contemplait les nuages mais ne les percevait plus. A la place, il imaginait des dunes et s'évadait dans le désert aérien. Il lui semblait tellement proche que quelques vols auraient suffi à le rejoindre et plonger ses pieds nus dans le sable brûlant. Il s'imaginait courir jusqu'à la plus haute dune et s'extasier devant l'infini avant de s'y plonger et de redescendre lentement dans l'air, porté par les brises.
Il se confondait au vent, roulait parmi les grains de sable, résonnait dans le cri perçant du faucon, sa respiration se mêlait au souffle des bédouins. Il était présent dans chaque goutte d'eau, sous chaque pierre aride, il était la vie et la mort rassemblés. Il tournoyait dans la lumière blanche, valsait avec la Terre. Il fermait les yeux et se noyait dans cet intarissable néant. Il sentait la plénitude ultime envahir chaque cellule de son corps. Tous ses membres s'évanouissaient et se dissolvaient avec douceur dans le silence du songe. C'était dans ce silence immuable qu'il entendait la plus belle musique, les basses des profondeurs de la Terre résonnaient avec les hautes mélodies du ciel.
Il poursuivait sa valse éternelle. Il jouait dans les larmes et dans le feu, frissonnant devant cette beauté abstraite.
Il su que cette danse serait la dernière lorsqu'il s'envola.











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